Elle est sur tous les fronts, proteste, harangue, clashe et ironise: Nita Deerpalsing aime son rôle de sniper. Et prendre des coups. Mais il y en a qui font plus mal que d’autres. Engluée depuis fin décembre dans l’affaire « briani », la porte-flingue du parti travailliste digère mal de s’être retrouvée dans la rubrique des faits-divers. Car elle le sait, cet incident, mais surtout son épilogue – le transfert de deux policiers – constitue une casserole qu’elle devra traîner un bout de temps.

Rappelons les faits pour ceux qui n’auraient pas suivi. La députée rouge est sollicitée le 20 décembre dernier par la fille d’un marchand ambulant sur le point de se faire évacuer par deux policiers à Quatre-Bornes. Sur les lieux, s’ensuit un échange de propos entre les policiers et la députée. Et c’est sur la teneur de cet échange que les versions divergent. Les policiers feront connaître la leur dans une déposition et Nita Deerpalsing dans une lettre envoyée au commissaire de police.

L’affaire aurait pu en rester là. Mais voilà que l’on a appris cette semaine le transfert des deux fonctionnaires de police en conflit avec la députée de la majorité. Officiellement, ces mutations n’auraient rien à voir avec l’incident de Quatre-Bornes. N’empêche, tous les regards se tournent aussitôt vers Nita Deerpalsing.

Cette dernière, comme l’on pouvait s’y attendre, refuse d’endosser la responsabilité de ce dénouement : « Je n’étais pas au courant de ces transferts. D’ailleurs, c’est vous qui m’annoncez cette nouvelle. Mon action s’est arrêtée avec la lettre envoyée au commissaire de police. Je n’ai rien à voir avec cette décision ». Au moment où Nita Deerpalsing nous faisait cette déclaration, l’époux de Yovani Kistnen, l’un des fonctionnaires de police mutés, s’époumonait sur les ondes des radios en criant à l’injustice. La policière, dépressive, a d’ailleurs fini la semaine à l’hôpital psychiatrique.

Conséquence de cette affaire : l’action Deerpalsing est orientée à la baisse. Du moins au sein de l’opinion publique. Un coup dur pour cette députée qui cultive, depuis son entrée en politique, une proximité avec un public qui apprécie son franc-parler et ses formules à l’emporte-pièce. Désormais, sur son passage, les chuchotements, lors de ses visites sur le terrain, se succèdent. Ce qui a le don d’agacer la principale concernée qui confie, résignée : « De toute façon, lorsqu’on est politicien, tout ce qu’on fait n’est jamais bon… ». Un lapsus révélateur ?

Car si aucun élément ne permet pour l’heure d’affirmer que le transfert de ces deux officiers de police résulte d’un quelconque caprice politique, rien, ou si peu, est fait pour prouver le contraire. Les Casernes centrales ont simplement laissé entendre que cette décision constituait une sanction à l’encontre des deux policiers, qui n’auraient pas su gérer la pagaille causée par les commerçants ambulants durant le mois de décembre. L’explication ne convainc pas.

Touchée, mais pas coulée, Nita Deerpalsing entend revenir à la charge et « démontrer le parti pris » des policiers. Bref, qu’elle a raison et pas eux. La députée affirme ainsi avoir été contactée par un témoin de la scène qui aurait filmé l’échange avec les policiers avec son téléphone portable. Un enregistrement qu’elle entend pour le moment garder sous le coude : « La vérité autour de cette affaire éclatera en temps et lieu ». Avec ces prochains développement promis par la députée de la majorité, il y a fort à parier qu’elle fera dans les semaines à venir d’autres apparitions dans la rubrique des faits divers.

On pensait l’épisode du « marsan briani » derrière nous. On s’est trompé. Lourdement.

Resituons les faits. La députée de la majorité est appelée le 20 décembre dernier pour venir en aide à un marchand ambulant, auquel deux policiers demandent d’évacuer les lieux. Le commerçant en question, en plus de ne détenir aucun permis, occupe un espace public sans autorisation. La démarche des deux officiers de police est donc tout à fait légitime.

Oui, mais voilà. Le contrevenant bénéficie, semble-t-il, d’appuis politiques. Arrivée sur les lieux, Nita Deerpalsing échange des propos avec les deux officiers de police. C’est justement sur la teneur de cet échange que les versions divergent. Qu’importe. Les deux parties, convaincues de leur bon droit, ont chacune fait entendre la leur. Les deux officiers dans une déposition consignée au poste de police de Quatre-Bornes. Et Nita Deerpalsing dans une lettre adressée au Commissaire de police. Et comme il est d’usage, une enquête a été ouverte.

C’est sur ce chapitre que 2011 a tiré sa révérence. On pensait alors que cet épisode s’évanouirait de l’inconscient populaire à mesure que le taux d’alcoolémie grimperait à l’approche de la St Sylvestre. Nous nous sommes trompés.

Mardi, nous apprenions que les deux officiers en conflit avec Nita Deerpalsing ont été mutés ailleurs. Loin de Quatre-Bornes et de ses marchands ambulants aux bras longs.

Il convient ici de soulever une question : ces soudaines mutations feraient-elles suite à des conclusions mettant à mal la version donnée par les deux officiers ? Si tel est effectivement le cas, il serait souhaitable – voir salutaire – que les Casernes centrales rendent public les conclusions de cette enquête.

Difficile au cas contraire de justifier les transferts de ces deux policiers. Ils relèveraient alors de l’abus de pouvoir et ne sauraient être acceptés. Des voix s’élèveraient dès lors pour vitupérer et condamner, s’indigner, s’appoplexer, crier, gueuler même, et tout cela serait légitime tant cette affaire illustrerait une fois de plus les maux dont souffre notre classe politique et certaines institutions censées être indépendantes.

Leurs silhouettes sont sorties de terre sans crier gare. Sept petits cubes en béton, parfaitement alignés, là où il y a encore deux mois, se trouvait un champ de cannes. Erigés à une rue d’une cité ouvrière de Petite Rivière, ce nouveau lotissement comptera à terme une vingtaine de « cages à poules » – nom donné à ces maisonnettes par les habitants de la région. Car ici comme ailleurs, les pouvoirs publics ont choisi de repousser les murs de la cité pour y caser davantage de familles. Et tant pis si les conditions de vie ne sont pas idéales.

Destinés à accueillir des familles à faibles revenus, des habitations de ce type fleurissent un peu partout à travers l’île. Un millier de logements similaires seront ainsi construits rien que cette année. L’Etat veut faire du chiffre. Mais sans forcément y apporter du sens.

A Petite Rivière, ces travaux de construction ne sont pas vus d’un bon œil les habitants de la localité. Eventail à la main et bigoudis multicolores sur la tête, Marie-Aimée a le regard noir. Car tout comme quelques-uns de ses voisins, ils redoutent l’arrivée de ces nouveaux résidents. « C’est un endroit plutôt calme où tout le monde se connaît. On ne veut pas de gens louches qui causeront des problèmes », lance-t-elle comme un avertissement.

Une réticence partagée par Nandinee, 54 ans, dont vingt passés dans cette cité ouvrière de l’ouest. « On est inquiet parce qu’on ne sait pas à quoi s’attendre. On ne peut qu’espérer que tout se passera bien », confie-t-elle, affairée à trier le riz pour le repas du soir. Plus loin, indifférents aux inquiétudes des riverains, trois maçons s’attèlent déjà à la construction d’une huitième maisonnette.

Mais au-delà du pédigrée des futurs voisins, c’est la qualité même de ces logements qui fait débat. Nombreux en effet sont ceux à décrier ces constructions, qui, souligne-t-on, ne répondraient pas aux besoins des futurs locataires. Dans une interview accordée cette semaine à l’express.mu, le vicaire général de l’église catholique, Jean-Maurice Labour, dénonce ces logements inadéquats érigés à travers l’île : « Le gouvernement, notamment le ministère de l’Intégration sociale, est en train de concrétiser ces projets à une vitesse surprenante c’est bel et bien là le problème. La quantité au détriment de la qualité. La National Empowerment Foundation (NEF) est en train de s’empresser à construire des « boîtes d’allumettes » au coût de Rs 165 000 maximum, ce que la Commission Justice et Paix considère comme étant révoltant ».

Les chiffres au détriment de la qualité de vie. Ils sont nombreux à le penser. Henry Loo, architecte, cite pour sa part en exemple le modèle singapourien. « Construire des logements individuels en rez-de-chaussée n’est peut-être pas la meilleure solution. C’est donner aux locataires trop de libertés pour au final se retrouver avec des cités qui sont au mieux de véritables eyesore », fait ressortir l’architecte. En clair, il faudrait construire en hauteur pour empêcher que ces quartiers ne soient défigurés par des travaux d’agrandissement entrepris par les résidents.

Un avis que ne partage pas Mary Jolicoeur, présidente de la Maison Cœur Ecoute de Barclay. Cette dernière estime en effet que les occupants de ces logements sociaux devraient être autorisés à apporter des modifications à leurs habitations pour les adapter à leurs besoins.

Les projets de logements sociaux, poursuit Henry Loo, devraient permettre de caser au même endroit des familles aux profils socio-économiques différents. « A Singapour, c’est le gouvernement qui décide quelles habitations données aux familles. Cela permet d’assurer dans un même lieu une diversité tant culturelle qu’économique. Et puis, cela évite par la même occasion que ces régions ne deviennent des camps où se concentre une seule communauté », explique-t-il.

S’ils ne sont pas d’accord sur tout, ONG et professionnels de l’architecture s’accordent tout de même à dire que tous projets de logements sociaux devraient être pourvus d’espaces intégrés, à savoir des espaces verts, des jardins d’enfants, mais également des terrains où pratiquer des activités sportives. « Au final, l’habitation n’est qu’un lieu où préparer à manger et dormir. C’est sur l’organisation de la vie sociale que doit être mis l’attention », soutient Henry Loo.

Si l’on affirme, du côté du ministère de l’Intégration sociale, « faire au mieux » pour offrir aux bénéficiaires de logements sociaux un cadre de vie décent, l’on explique qu’il faudrait un budget « autrement plus important » pour mettre en place les facilités que réclament les ONG. En attendant de voir débouler leurs nouveaux voisins, Marie-Aimée et les autres voient chaque jour sortir de terre un petit cube en béton, comme autant d’interrogations sur l’avenir de leur quartier…

11 septembre 2001. Je revenais d’une leçon particulière à Curepipe lorsque mon père, qui était venu me récupérer à Rose-Hill, m’a annoncé qu’un avion avait percuté un gratte-ciel aux Etats-Unis. En route pour chez moi, j’ai branché la radio de la voiture pour en savoir plus. Les nouvelles faisaient état, à ce moment-là, du crash d’un « petit avion » à la suite d’une erreur de pilotage.

Aussitôt rentré, j’ai mis la télé et j’ai vu la première tour en feu. J’ai juste eu le temps de poser mon sac et de m’assoir quand le deuxième avion est venu percuter l’une des tours du World Trade Center. Je n’en croyais pas mes yeux. J’avais les mains qui tremblaient et je me rappelle m’être dit : « putain, c’est la guerre ». Je n’avais pas totalement tort.

Ce jour-là, comme des millions de gens à travers le monde, j’ai passé les heures suivantes devant la télé à essayer de comprendre ce qui était en train de se passer.

Et vous, vous faisiez quoi ce jour-là?

L’étape mauricienne du World Series of Poker (WSOP) se serait-elle déroulée en dehors de tout cadre légal ? C’est la question qui taraude Kee Cheong Li Kwong Wing. Mardi au Parlement, le député de l’opposition a interrogé à ce sujet le ministre des Finances, Pravind Jugnauth. Il a également pointé du doigt plusieurs « faits troublants » entourant ce tournoi, notamment le rôle joué par l’un des organisateurs, Paradise Events. Le patron de cette entreprise réunionnaise, Sylvain Liotard, que nous avons joint à La Réunion, affirme avoir tout fait dans les règles. « J’ai obtenu auprès du World Series of Poker la licence pour la région océan Indien. J’aurais pu organiser ce tournoi dans n’importe quel pays de la région, mais j’ai choisi Maurice pour son cadre et sa capacité d’accueil », explique- t-il. Il lui a fallu, affirment- il, six mois pour convaincre les autorités locales des retombées « positives » qu’aurait la tenue d’un tel événement sur le sol mauricien. « L’opposition parlementaire a bien fait de soulever la question, car je pense qu’il serait dans l’intérêt de l’île de légiférer sur ce sujet afin de pouvoir continuer à accueillir un tel événement à l’avenir », poursuit Sylvain Liotard.

Le député mauve s’est également interrogé sur le montant des prix remportés par les différents participants. « Toute la publicité faite autour de ce tournoi faisait état d’un prix d’un million d’euros. Or, le gagnant n’a remporté que 65 000 euros », souligne Kee Cheong Li Kwong Wing. Mais là encore, l’organisateur réunionnais soutient qu’il n’y a eu aucune tromperie : « Nous avions effectivement prévu un prix d’un million d’euros. Mais malheureusement, n’ayant pas pu réunir un nombre suffisant de participants, nous nous sommes retrouvés avec un prize pool de 200 000 euros. » Cette somme a été répartie entre les différents participants qui ont accédé à la table finale.

Organisé au Paradis Hotel & Golf Club, le Million Poker Paradise Tour a réuni durant neuf jours – du 26 mars au 3 avril – quelques 250 joueurs venus de Maurice, La Réunion, Madagascar, les Seychelles, Mayotte, mais également de France, d’Afrique du Sud, du Liban et de Suisse. Outre le prix de 65 000 euros, les participants ont tenté de se qualifier pour le Main Event du prestigieux World Series Of Poker. Les organisateurs du tournoi, a-t-on appris mardi par Pravind Jugnauth, n’ont pas eu besoin d’obtenir un quelconque permis au préalable, l’événement en question ayant été rangé dans la case « promotion touristique ». S’il reconnaît qu’il existe des lacunes dans la législation concernant l’organisation de tels événements, le ministre des Finances a fait savoir qu’il a demandé à la Gambling Regulatory Authority (GRA) de se pencher sur la question et de soumettre des propositions. Revenant à la charge, Kee Cheong Li Kwong Wing a souligné que l’organisateur du tournoi se serait vanté d’avoir été le premier à obtenir l’autorisation d’organiser cet événement à Maurice, alors que d’autres se seraient vu, selon lui, refuser le permis à14 reprises.

Du côté de la GRA, l’on ne trouve rien à redire. « Nous n’avons à aucun moment été concernés par l’organisation de ce tournoi puisqu’il s’agissait d’un événement touristique », soutient Hiren Jankee, président de la GRA qui souligne par ailleurs n’être aucunement au courant des 14 refus opposés à divers organisateurs. « Ceci dit, je suis d’avis qu’il faudrait amender la loi concernant les tournois de poker afin d’éviter toute confusion à l’avenir », concède Hiren Jankee. Le député de l’opposition ne compte pas lâcher l’affaire. Pour lui, si le ministre des Finances pense que ce tournoi a été organisé avec le concours de la Française des Jeux, comme il l’a affirmé mardi, c’est qu’il a été induit en erreur par des officiers de son ministère. « Toute la communication autour de cet événement n’a jamais fait mention de la Française des Jeux, qui est un organisme officiel de l’Etat français. Il serait étonnant que cette structure puisse prendre part à l’organisation d’un tournoi de ce genre, qui a opéré de manière plus que douteuse », développe Kee Cheong Li Kwong Wing, qui dit attendre des réponses « satisfaisantes » de la part de Pravind Jugnauth dans les semaines à venir.

 

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