On pensait l’épisode du « marsan briani » derrière nous. On s’est trompé. Lourdement.

Resituons les faits. La députée de la majorité est appelée le 20 décembre dernier pour venir en aide à un marchand ambulant, auquel deux policiers demandent d’évacuer les lieux. Le commerçant en question, en plus de ne détenir aucun permis, occupe un espace public sans autorisation. La démarche des deux officiers de police est donc tout à fait légitime.

Oui, mais voilà. Le contrevenant bénéficie, semble-t-il, d’appuis politiques. Arrivée sur les lieux, Nita Deerpalsing échange des propos avec les deux officiers de police. C’est justement sur la teneur de cet échange que les versions divergent. Qu’importe. Les deux parties, convaincues de leur bon droit, ont chacune fait entendre la leur. Les deux officiers dans une déposition consignée au poste de police de Quatre-Bornes. Et Nita Deerpalsing dans une lettre adressée au Commissaire de police. Et comme il est d’usage, une enquête a été ouverte.

C’est sur ce chapitre que 2011 a tiré sa révérence. On pensait alors que cet épisode s’évanouirait de l’inconscient populaire à mesure que le taux d’alcoolémie grimperait à l’approche de la St Sylvestre. Nous nous sommes trompés.

Mardi, nous apprenions que les deux officiers en conflit avec Nita Deerpalsing ont été mutés ailleurs. Loin de Quatre-Bornes et de ses marchands ambulants aux bras longs.

Il convient ici de soulever une question : ces soudaines mutations feraient-elles suite à des conclusions mettant à mal la version donnée par les deux officiers ? Si tel est effectivement le cas, il serait souhaitable – voir salutaire – que les Casernes centrales rendent public les conclusions de cette enquête.

Difficile au cas contraire de justifier les transferts de ces deux policiers. Ils relèveraient alors de l’abus de pouvoir et ne sauraient être acceptés. Des voix s’élèveraient dès lors pour vitupérer et condamner, s’indigner, s’appoplexer, crier, gueuler même, et tout cela serait légitime tant cette affaire illustrerait une fois de plus les maux dont souffre notre classe politique et certaines institutions censées être indépendantes.

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