Vous avez été élu à la présidence de l’aile jeune du MMM à 26 ans. On reproche souvent aux ailes jeunes de n’avoir pas droit au chapitre au sein des partis politiques. Qu’en est-il ?

Il est vrai que l’aile jeune n’a pas toujours su imposer ses idées sur certains dossiers importants et cela se comprend. Il faut dire que les jeunes ont toujours été cantonnés des dossiers basiques, tels que l’éducation, la violence etc… Si elle souhaite s’exprimer sur des sujets plus importants, l’aile jeune doit tout d’abord se façonner une crédibilité. Et c’est là mon objectif. D’un autre côté, le parti doit réaliser que la jeunesse a un droit de regard sur des sujets d’importance national. C’est donc à nous de nous imposer et de faire en sorte que nos opinions et nos idées soient prises en compte par les dirigeants.

On dit que vous ne pratiquez pas la langue de bois. Faut-il reprendre cette phrase au passez ?

J’ai toujours été un peu rebelle. Je sais l’ouvrir quand il le faut. D’ailleurs, j’ai été l’un des premiers à prendre position contre l’alliance entre le MMM et les travaillistes à la veille des élections générales. J’avoue, même si je suis conscient que mes propos risquent de faire sourciller certains au sein du parti, que l’éventualité de cette alliance de circonstance m’a dégouté sur le moment. J’estime qu’un parti, quel qu’il soit, ne doit pas renier ses idéologies et ses valeurs sous prétexte de remporter des élections. Et plus important encore, il incombe à chacun de faire entendre sa voix s’il pense que son parti divague.

Et le MMM justement, divague-t-il encore ?

Cinq mois après les élections, le parti ne s’est toujours pas remis en question. Cette étape est cruciale si l’on veut redonner au MMM les outils nécessaires pour aller de l’avant. Et pour ce faire, le parti doit songer à l’après Bérenger. Mais aujourd’hui, personne ne veut aborder ce sujet et résultat, nous fonçons droit dans le mur. Car il nous faut regarder la vérité en face : la situation est telle aujourd’hui que sans Bérenger, le MMM n’existe pas. Je peux me permettre de dire cela ouvertement car je ne suis pas bérengiste. Je ne suis pas entré au MMM pour lui, mais pour les idées que défend le parti.

Concrètement, vous proposez quoi ?

Je suis pour l’organisation de primaires qui permettrait à de nouveaux dirigeants d’émerger. Si on prend l’exemple des Etats-Unis, c’est justement ce système qui a permis à Barack Obama de se faire connaître et d’accéder à la plus haute marche. Mais à Maurice, nous sommes toujours empêtrés dans le culte de la personnalité. Ici, ce sont les Ramgoolamistes contre les Bérengistes et plus personne ne s’intéresse aux débats d’idées. Je veux contribuer à changer cela. Les jeunes doivent se mobiliser s’ils veulent que la politique évolue.

Vous mettez le doigt sur ce qui vous déplait au MMM. Pourquoi dans ce cas avoir accepté de présider son aile jeune ?

A l’occasion de la célébration des 40 ans du parti, nous eu l’occasion de redécouvrir les idéologies et les valeurs qui ont mené à la création du MMM. Et c’est ce retour aux sources qui m’a redonné la motivation de faire de la politique active.

Nous sommes, au MMM, dans une logique de réaction. Et c’est ce qui nous cantonne dans un rôle critique. Nous devons aller au-delà de la critique et proposer des idées nouvelles mais aussi une vision à long terme. Bref, le MMM doit faire de la politique autrement. Et je pense pouvoir y contribuer.

Propos recueillis par Guillaume Gouges, l’express dimanche

Advertisements