Sur tous les fronts, le jeune ministre du Travail, Shakeel Mohamed, trouve tout de même le temps d’adresser quelques piques au MSM et à son chef de file, Pravind Jugnauth. Dans une interview accordée à un hebdomadaire il y a quelques semaines, le ministre du Travail s’était laissé aller à quelques commentaires sur le poids du MSM au sein de l’alliance gouvernementale. Shakeel Mohamed a ainsi décrit le MSM comme un « very small party ».

Aussitôt lancée, la petite phrase n’a pas manqué de susciter de vives réactions du côté du Sun Trust. Si bien que Pravind Jugnauth a jugé utile d’intervenir dans le débat, tout en précisant au détour d’une phrase qu’il n’y « a pas de grand ni de petit partis ».

Oui mais voilà, le mal est déjà fait. Car nombreux sont ceux qui, au Sun Trust, croient déceler dans ce « coup de griffe » de Shakeel Mohamed, un sentiment anti MSM de plus en plus répandu dans les rangs travaillistes. « Il existe chez les travaillistes une certaine frustration. Ils ont le sentiment que c’est le MSM qui profite le plus de l’alliance contracté entre les rouges et eux », confie un travailliste de la première heure.

Du coup, certains cadres travaillistes, à l’instar du ministre du Travail, ont été tentés de « rappeler » au parti de Pravind Jugnauth la place qu’il tient au sein de la coalition. « Shakeel a souvent tendance à dire ce qu’il pense, sans parfois penser aux conséquences qui peuvent en résulter. Certains parlent d’arrogance, et ils n’ont peut-être pas tort », analyse un membre du parti travailliste.

D’autres observateurs, pourtant, ont une lecture sensiblement différente de la sortie de Shakeel Mohamed. Plus qu’un franc parler, il se pourrait que la phrase qu’il a lancé ait eu pour origine une rancœur personnelle à l’encontre du MSM, qui n’est autre que son ancien parti.

Il n’en parle pratiquement jamais, mais Shakeel Mohamed a débuté sa carrière politique au MSM. Mais il claquera la porte de ce parti peu  de temps après, estimant que sa hiérarchie ne lui aurait pas laissé faire ses preuves. Ni une ni deux, l’ambitieux Shakeel rejoint le parti travailliste. Un choix dont il doit se féliciter aujourd’hui. “Devenu ministre, il veut sans doute montrer à son ancien parti qu’il a pu se faire une place en politique et que ce n’est pas grâce à eux. Il ressent sans doute aussi le besoin de montre que c’est désormais lui qui est en position de force, étant membre du principal partenaire de la coalition », croit savoir un observateur politique. Le trublion Shakeel n’aurait donc simplement pas pu résister à l’envie de bomber le torse…

Guillaume Gouges, l’express dimanche

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