Quatre mois après avoir remporté les élections générales, la coalition Ptr/MSM s’efforce d’afficher une unité qu’elle souhaite « excellente ». Mais en coulisses, les leaders des deux principaux partis doivent composer avec les susceptibilités des uns et les frustrations des autres. Et dans cette guerre des nerfs, c’est l’entourage travailliste qui semble le plus en souffrir.

Une grogne qui n’a eu de cesse de grossir ces derniers mois, au fur et à mesures que les nominations à différents postes ont été annoncées. Et à cet exercice, le MSM semble mieux loti. D’aucuns reprochent en effet à Pravind Jugnauth d’avoir placé un certain nombre de ses « proches » à des postes jugés stratégiques au sein d’organismes publics. Un népotisme mal vécu par le camp des travaillistes qui estiment avoir été sacrifiés. « C’est quand même nous qui aurions du avoir la priorité. Le MSM n’est qu’une pièce rapportée. Nous ne comprenons pas pourquoi Ramgoolam laisse faire sans rien dire », confie un agent rouge, qui attend toujours un retour d’ascenseur de son parti.

Une incompréhension partagée à un nombre croissant d’agents et de sympathisants rouges. Mécontent de l’importance accordée au MSM au sein de l’alliance, ces derniers pointe du doigt la chasse aux sorcières dont feraient l’objet des cadres travaillistes, à l’instar de Rajah Ramdausing, qui occupe la présidence de la State Bank of Mauritius. Des pressions seraient exercées avec insistance pour le déloger de son poste. « Si on ne connaissait pas Ramgoolam, on pourrait croire que c’est le MSM qui dicte ses choix au parti travailliste », lance-t-on dans l’entourage du Ptr.

Devant ce qu’ils estiment être des injustices, certains déçus travaillistes ont depuis sauté le pas pour tenter leur chance du côté du Sun Trust. Ainsi, au No 8, deux agents du Ptr ont ainsi délaissé Surren Dayal pour se joindre au camp de Pravind Jugnauth. Une situation que le Ptr a du mal à digéré. Mais la  consigne est claire : Si problème il y a entre les deux partenaires, personne ne doit en faire mention. Et surtout pas à la presse.

Mais alors que le chef du gouvernement vante la solidité de la cohabitation avec le MSM, quelques cadres ne peuvent s’empêcher de laisser transparaître leur contrariété face à la « façon de faire » du MSM. Il faut que quelques ministres, issus des rangs du MSM ont accumulé les bourdes depuis leur prise de fonction en mai dernier.

Mais alors que le chef du gouvernement vante la solidité de la cohabitation avec le MSM, quelques cadres ne peuvent s’empêcher de laisser transparaître leur contrariété face à la « façon de faire » du MSM. Il faut que quelques ministres, issus des rangs du MSM ont accumulé les bourdes depuis leur prise de fonction en mai dernier.

Dès sa prise de fonction, le ministre du Commerce, Showkutally Soodhun, a lui fait de la State Trading Corporation (STC) son cheval de bataille. Il y avait dénoncé de nombreux manquements, notamment au niveau de la gestion de l’organisme. Ces critiques ont mis mal à l’aise le parti travailliste, qui s’est senti directement visé. Résultat, la direction du MSM a aussitôt demandé à son tonitruant ministre qu’il mette la sourdine.

Puis il y a eu la ministre de la Santé, Maya Hanoomanjee, qui s’est pris les pieds dans le dossier de la grippe A. Incapable de rendre public dans un premier temps le nombre de cas recensé dans l’île, Maya Hanoomanjee a causé chez la population, qui croyait qu’on lui cachait certaines informations, une psychose.

Autant de “faux départs” pointés du doigt par l’entourage travailliste qui continuent de voir d’un mauvais œil la grande marge de manœuvre accordée au MSM au sein de la coalition.

Par Guillaume Gouges, l’express dimanche

Advertisements