Les bateaux, qu’ils soient à usage privé ou commercial, ont la cote. Un secteur scrupuleusement administré par la Tourism Authority, qui tente de concilier considérations économiques et impératifs sécuritaires. Cet exercice d’équilibriste n’est pas sans susciter des critiques chez certains opérateurs qui réclament davantage de flexibilité. Après avoir mené des consultations de ces derniers, l’organisme régulateur annonce des nouvelles règlementations visant à professionnaliser le secteur.

Les opérateurs commerciaux pointent du doigt les délais « trop long » et les procédures « compliquées » mises en place par les autorités. Un opérateur fait part de sa frustration : « Cela fait des mois que j’ai fait une application pour obtenir un permis et j’attends toujours. Et à chaque fois que je me rends au département concerné, on me dit qu’il manque des documents ».

Du côté de la Tourism Authority, on attribue ces délais aux procédures « plus strictes » mises en place pour l’obtention d’un permis bateau. « Contrairement à ce que peuvent affirmer certains, notre objectif premier est de développer ce secteur. Mais nous devons le faire de manière responsable, dans l’intérêt à la fois des opérateurs et de ceux qui louent leurs services », fait ressortir le capitaine Mahendra Babooa, responsable du département chargé de l’octroi des permis. Il concède toutefois prendre en compte les doléances des opérateurs.

Cette instance envisage ainsi d’étendre d’ici un mois la zone de pêche à 24 milles des côtes. Actuellement fixée à 8 milles nautiques, cette restriction est vivement critiquée, notamment par les opérateurs de pêche au gros. « Durant certains mois, les poissons se font plus rares et il nous faut aller plus loin pour en trouver. Mais il nous est impossible de le faire à l’heure actuelle sous peine d’être pris en contravention », lâche Philippe, opérateur dans la région ouest.

L’extension de la zone de pêche, si elle vise à « aider » les opérateurs, n’est pas sans contrepartie. « Puisqu’ils insistent pour partir pêcher plus loin, nous demanderons aux propriétaires de bateaux de signer un document stipulant qu’ils ont confiance en leur skipper et que ce dernier est tout à fait apte à faire face à toute éventualité au cas où un problème surviendrait en mer », explique le capitaine Mahendra Babooa, qui souhaite mettre les opérateurs face à leurs responsabilités. Si le champ d’opération était limité à 8 milles nautiques des côtes, fait-on ressortir à la Tourism Authority, c’était pour permettre aux skippers de naviguer à vue en cas de problème.

Car au dire des autorités, trop de skippers n’ont jamais appris à se servir d’instruments de navigation. « Lorsqu’on les met face à leurs lacunes, ils expliquent qu’ils naviguent depuis des années et n’ont pas besoin d’apprendre à se servir d’instruments. Ce n’est plus acceptable », En effet, à l’heure où les autorités redoublent d’efforts pour attirer toujours plus de touristes, l’amateurisme ne peut être toléré.

Pour pallier ces lacunes, la Tourism Authority planche actuellement sur des cours de formation qui seront dispensés à tous ceux qui feront la demande d’un permis auprès de l’organisme. Au programme : premiers secours et la relation clientèle. Quid de ceux qui sont déjà détenteurs du permis ? Eux aussi bénéficieront de cette formation lors du renouvèlement de leur permis. Mais il faudra encore attendre avant que ces cours ne soient disponibles. Des mesures aujourd’hui indispensables devant l’affluence des demandeurs de permis.

A ce jour, la Tourism Authority a octroyé quelque 4210 permis d’opération à travers l’île. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter, notamment à cause des nombreux projets IRS. Si bien que certaines zones, comme Grand-Baie et Trou-d’Eau-Douce sont saturées. N’espérez donc pas obtenir un permis d’opération dans ces régions. « Il nous faut prendre en compte plusieurs facteurs avant de délivrer les permis. Cela afin d’assurer la pérennité de l’activité mais aussi d’assurer la sécurité », souligne le capitaine Mahendra Babooa. A Flic-en-Flac par exemple, fait-il ressortir, l’organisme ne délivre pas de permis pour les « towing activity » – ski-nautique ou para-sailing – à cause de l’exigüité du lagon. « Notre objectif n’est pas de pénaliser, mais au contraire de trouver des solutions qui satisfassent les deux parties », soutient le capitaine Mahendra Babooa.

Advertisements