« Hier (Ndlr : jeudi), Pravind Jugnauth est venu me voir pour me demander si j’étais à négocier une alliance. J’ai dis oui ». C’est ce que nous a déclaré Navin Ramgoolam qui participait vendredi au lancement d’un livre à l’hôtel Labourdonnais. Une affirmation qui vient confirmer une situation persistante : les semaines passent et les scénarios politiques se succèdent. Après avoir cru à une alliance PTr-MMM, la scène politique locale croit entrevoir, depuis jeudi, une alliance PTr-MSM. L’on évoque tantôt une rencontre discrète entre Navin Ramgoolam et Pravind Jugnauth, tantôt un déjeuner à la State House à l’occasion de l’anniversaire du président de la République, sir Anerood Jugnauth.

La perspective d’une alliance bleu-blanc-rouge affole le MMM, qui a vu sa crédibilité s’effriter depuis quelques mois. Au point de gâcher la fête d’anniversaire de son leader, Paul Bérenger, qui fêtait vendredi, ses 65 ans. Ce jour-là, l’exécutif mauve a été convié, non pas à une sauterie, mais à une réunion d’urgence. Au menu des discussions : tenter de trouver une parade au cas où l’alliance PTr-PMSD-MSM se concrétiserait.

Bérenger a également laissé entendre qu’il compte exiger de Pravind Jugnauth qu’il dise s’il y a bien eu une rencontre entre le Premier ministre et lui. « Nous avons joué cartes sur table lorsque Bérenger a rencontré Ramgoolam. Qu’il en fasse autant », déclare le secrétaire général des mauves, Rajesh Bhagwan.

« La réunion du bureau politique a été un non-event », laisse entendre un dirigeant mauve. Persuadés qu’une alliance bleu-blanc-rouge est peu probable, certains cadres MMM confient ne pas bien comprendre l’agitation soudaine de Paul Bérenger. Depuis qu’il a renoncé à courtiser le pouvoir en place, le chef de file du MMM a ressorti du placard certains des candidats qu’il avait aligné il n’y a pas très longtemps.

Dinesh Ramjuttun se retrouve ainsi propulsé, une nouvelle fois, à l’avant plan et sera candidat au n°5 (Pamplemousses-Triolet). Vishnu Lutchmeenaraidoo, qui s’était fait discret durant la période des négociations, recommence à faire parler de lui. « Tractations obligent, il avait dû cesser de critiquer Rama Sithanen. Il pourra recommencer. Ce qui lui avait manqué », confie-t-on, railleur, dans les rangs du MMM. Idem pour Li Kee Chong, connu pour son franc-parlé. « Nous pourrons de nouveau jouer pleinement notre rôle d’opposition », soutiennent les députés MMM.

Pendant que le MMM se morfond, le MSM, lui, se sent pousser des ailes et s’imagine déjà au sein du prochain gouvernement. Sauf, bien entendu, si un autre scénario politique venait à être privilégié…

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