Soyons clairs, je ne m’attendais pas à être le bienvenu. Heureusement d’ailleurs, j’aurais été déçu. Si personne ne m’a fait de remarques désobligeantes, j’ai senti une certaine méfiance à mon égard. Sans parler de l’homme qui avait été désigné pour surveiller ! Reprenons depuis le début…

Arrivée à 9 heures 20. Dès le hall d’entrée passé, je suis approché par quelques adeptes très avenants. Les questions fusent : « C’est la première fois que vous venez ? » ; « Avez-vous besoin de quelque chose ? » ; « Etes-vous venus à l’Eglise suite aux polémiques ? » ; « Connaissez-vous Jésus ? ». Euh… difficile d’ignorer ce grand barbu qui ne cesse de s’agiter sur sa croix…

Mais derrière tous ces sourires, l’on sent une certaine crispation et même un certain agacement envers le journaliste que je suis. Car au moment même de mon arrivée, toute la congrégation semblait être au courant de ma profession. Regards en coin et chuchotements pas franchement discrets achevait de mettre ceux qui l’ignoraient encore de ma présence (il faudra vraiment que je retravaille mon camouflage lol) Si méfiance il y avait (chose d’ailleurs parfaitement compréhensible en la circonstance), je n’ai pas pour autant été mal accueilli.

Moins de deux minutes après m’être assis sur l’un des confortables fauteuils (il devraient refiler l’adresse de leur fournisseur au responsable de ma paroisse !), l’un des responsables de la communication du CTMI m’aborde. Le ton est cordial mais ferme : Interdiction de prendre des photos, d’interviewer quiconque sans sa permission et même de prendre des notes. Et de poursuivre en m’invitant à ouvrir mon coeur à l’Evangile.

Il se lève et s dirige vers un homme chargé de la sécurité (quoi ?) et lui chuchote à l’oreille en me désignant discrètement (enfin, pas tant que ça) du regard. Le message est on ne peut plus clair : Sot je me tiens à carreau, ou l’on me demandera « poliment » de ficher le camp.

Mais je dis que s’il doit me surveiller pour les deux heures à venir, autant faire connaissance. Je l’aborde donc en lui demandant d’un air moqueur s’il a d’autres journalistes à surveiller aujourd’hui. Visiblement confus, il m’explique qu’il n’a pas été désigné pour me surveiller, mais pour m’assister si j’ai besoin de quelque chose. A d’autres !

Bref. La messe commence et les chants religieux se succèdent. L’assistance clairsemée, en « pleine communion » reprend en chœur les paroles qui s’affichent sur deux écrans géants. A ma grande déception, pas un mot du pasteur Hardy sur les récentes polémiques. L’ambiance est bon enfant même si une certaine tension était palpable.

Si j’ai pu m’entretenir avec des adeptes, je n’ai par contre rien pu en tirer. Tous s’emblaient s’être repassé le mot : « Toutes les accusations faites contre l’Eglise sont fausses. Nous sommes parfaitement heureux d’en être membres (etc…) »

Conclusion de ce dimanche à l’Eglise chrétienne : un peu de tension et beaucoup de prosélytisme.

P.S : Je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer Metroboy7 qui a lui aussi tenté une incursion dans l’Eglise chrétienne.

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