Phénomène grégoireIls avaient raté le train en 2007. Ils tentent depuis de le prendre en marche. Leader de partis politiques, ministres et députés ont fait le déplacement en nombre hier à l’occasion de la célébration des deux ans d’existence de la Fédération des Créoles Mauriciens (FCM) à Petite-Rivière. Ce qui fait dire à un membre de la FCM que « cette popularité témoigne du chemin parcouru par l’organisation et de son poids sur le plan national ». Mais d’autres, méfiants, y voient une tentative politicienne de « s’emparer des voix créoles ».

Si l’ambiance était hier à la détente, Jocelyn Grégoire n’a pas manqué de lancer un appel aux politiques pour qu’ils agissent dans l’intérêt du pays et non dans celui de leur parti ou de leur intérêt personnel. Comme pour s’amuser des récentes critiques qui ont décrié sa « trop grande proximité » avec le milieu politique, le président de la FCM s’est prêté au jeu de la séance photo en compagnie de Navin Ramgoolam et de Paul Bérenger. Son accolade n’a pas manqué de provoquer un éclat de rire chez les personnes présentes.

« Pendant ces deux années, j’ai connu beaucoup de joies, beaucoup de peines », lâche-t-il en faisant référence aux polémiques dont il a été l’objet dans son propre camp à la suite de la réunification des bleus. Et de contredire ceux qui lui prêtent une ambition politique : « Jocelyn Grégoire ne roule ni pour le MMM, ni pour le MSM, ni pour le PMSD. Je n’accepterais jamais de rentrer dans l’histoire de ce pays comme celui qui a divisé la communauté créole. Je suis prêtre et je mourais prêtre. » Jocelyn Grégoire a, par ailleurs, annoncé que le manifeste de la FCM sera rendu public cette semaine lors d’un rassemblement au Champ de Mars.

Le premier ministre s’est, pour sa part, appesanti sur la richesse culturelle de l’île. « Maurice est un exemple d’unité dans la diversité. Etre créole doit être une source de fierté. La FCM a recours à une juste revendication identitaire, mais celle-ci ne doit pas être un repli identitaire », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Les revendications ne doivent surtout pas se faire aux dépens des autres communautés. » Une opinion partagée par le leader de l’opposition.

Abordant le dossier de la réforme électorale, évoqué un peu plus tôt par Paul Bérenger, Navin Ramgoolam a souligné que ce projet « prendrait du temps » et qu’il « faudra aller dans le sens du consensus ». Il répondait à une boutade du leader de l’opposition qui estimait que la réforme électorale ne pourrait se faire « à moins qu’une illumination ne frappe l’esprit de Navin Ramgoolam cet après-midi ». Retraçant l’évolution des différentes communautés à Maurice depuis l’arrivée des premiers colons, Paul Bérenger estime que « la communauté créole a une place à gagner au soleil, place qu’elle n’a pas eu jusqu’à présent ».

Advertisements